Le ministère de la Culture ne renouvelle pas l’agrément CPPAP du média FranceSoir, le privant ainsi d’une partie de ses revenus. 

Un site sans intérêt ?

Le 30 novembre 2022, la rédaction de FranceSoir a appris, par voie de presse, la décision du ministère de la Culture de ne pas renouveler son agrément CPPAP, et plus particulièrement son certificat d’information politique et générale (IPG). Selon FranceSoir, pour la Commission paritaire des publications et agences de presse, le média présenterait un « un défaut d’intérêt général » et les contenus publiés à propos de la crise de la Covid-19 porteraient « atteinte à la protection de la santé publique ». Cette décision de la CPPAP prive notamment le site de l’exonération fiscale sur les dons. Ce qui met un coup à sa comptabilité. En effet, FranceSoir est, exclusivement financé par ses lecteurs, soutenus par des dons défiscalisés.

Positions contradictoires

D’après FranceSoir, la position de la CPPAP s’inscrit en contradiction avec celle adoptée en mars 2021. En effet, suite à un audit anticipé de son agrément, l’organisme chargé de reconnaître la validité des titres de presse avait alors jugé que le média remplissait tous les critères d’admission, soulignant notamment que FranceSoir présentait « des informations, des analyses et des commentaires […] susceptibles d’éclairer le jugement des citoyens », comme le veut l’article 2 du décret du 29 octobre 2009 qui fixe ces critères d’admission.

Ce refus fait écho à l’actualité, avec le scandale du site de fact-checking Fact & Furious, qui a reçu ce même agrément en mai 2021, alors que son fondateur et directeur de publication, Antoine Daoust, ex-militaire et ex-barman, n’avait pourtant aucune formation journalistique. Et que le ministère de la Culture lui refusa d’ailleurs, en novembre 2021, une bourse pour le motif qu’il ne détenait justement « pas de formation journalistique pour le fact-checking ».

La défense de FranceSoir

Accusé d’avoir dénigré les « politiques de santé publique » mises en place durant la crise de la Covid-19 par le gouvernement, Christian Perronne a été entièrement blanchi par la chambre disciplinaire de première instance d’Île-de-France de l’Ordre des médecins le 22 octobre 2022. Elle est allée jusqu’à juger qu’en sa qualité d’infectiologue internationalement reconnu, le médecin avait « l’obligation de s’exprimer dans le domaine qui relève de sa compétence » durant la crise de la Covid-19. Selon FranceSoir, si le Pr Perronne était donc lié par un devoir de parole, il en découle logiquement qu’il relève du droit et du devoir du média de donner la parole à cet universitaire.

Ce gouvernement continue de vouloir s’attaquer aux voix dissidentes et aux plateformes qui leur permettent de se faire entendre.

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