Maire, perversion, démission », pouvait-on lire, selon France Bleu Bourgogne, sur des pancartes brandies par les habitants de la commune d'Échenon, vendredi 25 novembre. Ils s'étaient donné rendez-vous devant leur mairie dans la soirée, à l'occasion du conseil municipal, impatients d'entendre la démission de leur maire, Dominique Lott. Une pétition l'exigeant se passait même de mains en mains. Car le maire de cette commune de Côte-d'Or fait partie des 48 hommes interpellés mercredi 16 novembre dans toute la France par la police judiciaire, soupçonnés d'avoir massivement consulté des contenus pédopornographiques.

Pourtant, les manifestants sont rentrés bredouilles. À la sortie du conseil municipal, auquel Dominique Lott avait choisi de ne pas se rendre, les déclarations du troisième adjoint d'Échenon, François-Xavier Rouhette, ont jeté un froid :
 
Pour l'instant, il ne veut pas partir, bien que nous lui en ayons fait la demande. Il attend son jugement au tribunal, et personne ne peut le forcer à démissionner

L'édile a partiellement reconnu les faits

Or, le procès du maire d'Échenon n'est prévu que pour le 26 avril 2023. Un procès dans lequel il est accusé de « diffusion de l'image d'un mineur présentant un caractère pornographique en utilisant un réseau de communication électronique, détention et acquisition de l'image d'un mineur représentant un caractère pornographique ».

Lors de sa garde à vue, Dominique Lott a reconnu une partie des faits qui lui étaient reprochés. Il a été relâché puis placé sous contrôle judiciaire dans l'attente de son jugement. La police judiciaire a saisi dans son matériel informatique des « fichiers images et vidéos mettant en scène des mineurs de 5 à 15 ans, dans des poses suggestives, ou ayant des rapports sexuels entre eux ou avec des adultes », a indiqué le parquet de Dijon. L'édile encourt une peine maximale de 7 ans de prison et 100 000 € d'amende. D'ici là, il devrait pouvoir se maintenir, comme c'est pour l'instant son souhait, à la tête de la mairie d'Échenon.

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